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L'Uniterrsaliste Andromede60

Agriculture industrielle : accélèratrice du réchauffement climatique

16 Septembre 2012 , Rédigé par Andromede Publié dans #Environnement

 

Epandage tracteur

 

Dans un billet Monique Robin explique pourquoi l’agriculture industrielle émet des gaz à effet de serre, contrairement aux pratiques agroécologiques (agroforesterie, techniques culturales simplifiées ou permaculture) qui, elles, en revanche, permettent de créer des "puits de carbone". Plusieurs billets seront prochainement publiés sur le site de Arte avant la sortie du livre qui apportera de nombreuses précisions.

"D’après le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’agriculture totalise à elle seule 33% des émissions de gaz à effet de serre (GES), bien avant l’industrie (19,4%) ou l’approvisionnement énergétique (25,9%). Les 33% se déclinent en deux postes principaux : l’agriculture industrielle (14%) et la déforestation (19%).

Or, comme je l’ai écrit, nous sommes devant un incroyable paradoxe : les grandes exploitations agro-industrielles sont, aujourd’hui, des productrices de GES, alors qu’au contraire, l’agriculture devrait avoir un bilan positif. Pour en comprendre les raisons, je m’appuierai sur un excellent document de Nature Québec, qui a conçu un manuel, destiné aux agriculteurs et aux décideurs, et intitulé « Des pratiques agricoles ciblées pour la lutte aux changements climatiques ».

 

Epandage aérien

 

Les auteures commencent par rappeler quels sont les gaz qui constituent les fameux "GES" : il y a, bien sûr le CO2, qui constitue le principal (et le plus connu) d’entre eux. S’y ajoutent deux autres gaz, émis principalement par l’activité agricole : le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O), dont le pouvoir de réchauffement global est beaucoup plus élevé que le CO2. 

« Les GES sont naturellement présents dans l’atmosphère, expliquent-elles. Ces gaz forment une couche autour de la Terre, qui lui permet de conserver sa chaleur : c’est l’effet de serre. En effet, le soleil réchauffe la Terre qui, par la suite, réémet une partie de sa chaleur vers l’espace. Les GES présents dans l’atmosphère emprisonnent une partie de cette chaleur, l’empêchant de retourner dans l’espace. Ce phénomène permet de conserver des températures moyennes de 15 °C sur notre planète. Sans cela, il y ferait environ – 18 °C, ce qui ne permettrait pas la vie telle que nous la connaissons ».

Quelles sont maintenant les sources d’émission des différents gaz dans le milieu agricole ? Concernant le dioxyde de carbone, la source « naturelle », c’est la respiration des plantes et des animaux. S’y ajoutent deux sources (les plus importantes) qui n’existaient pas avant l’avènement de l’agriculture industrielle : l’utilisation des combustibles fossiles (pétrole et gaz) due à la mécanisation et aux techniques d’irrigation, mais aussi à l’usage intensif d’intrants chimiques, et la décomposition de la matière organique du sol par les microorganismes, qui produit du CO2, quand les sols sont nus, ce qui caractérise les pratiques agricoles industrielles. Ces émissions massives de CO2 ne sont pas compensées par l’activité de photosynthèse des plantes, des arbustes et des arbres présents dans les exploitations agroindustrielles, qui captent et accumulent le carbone dans leur biomasse pour se développer. Résultat : au lieu d’être globalement captatrice de carbone, l’agriculture industrielle est émettrice de CO2.

 

Concernant le protoxyde d’azote (N2O), le plus puissant des GES, il est émis presque exclusivement par le secteur agricole. Sa création est liée au cycle de l’azote (N), dont les plantes ont besoin pour croître, mais dont la présence excessive dans le sol est néfaste. Ainsi que l’expliquent les auteurs du manuel québécois, « c’est dans l’atmosphère que l’on retrouve les plus grandes quantités d’azote, principalement sous forme de N2, ce dernier n’étant pas un GES ». Les légumineuses, comme le soja, la luzerne et le trèfle, ont la capacité de fixer l’azote de l’air et de le transformer sous une forme assimilable par les plantes, grâce à une association symbiotique avec certaines bactéries du sol (les rhizobium). Une autre manière d’enrichir le sol en azote, c’est d’enfouir des résidus de végétaux dans le sol ou d’épandre des fumiers. Les microorganismes se chargent alors de ce que l’on appelle le « processus de nitrification et de dénitrification de l’azote » : « lors de la nitrification, l’ammonium (NH4+) est converti en nitrate (NO3-), et lors de la dénitrification, les nitrates (NO3-) sont convertis en azote atmosphérique (N2) ». Le protoxyde d’azote (N2O) est un sous-produit de ces processus . Si l’émission de ce GES puissant a considérablement augmenté au cours des trente dernières années, c’est parce que les adeptes de l’agriculture industrielle ont massivement recours à des engrais de synthèse pour nourrir leurs sols ( de plus en plus dégradés) en azote. Or, « les excédents d’azote non exploités par les plantes sont disponibles pour les micro-organismes producteurs de N2O ». L’usage intensif d’engrais chimiques explique, donc, l’émission de protoxyde d’azote, mais est aussi à l’origine de la pollution des eaux par les nitrates.

 

La mort est dans le pré

 

Enfin, comme le protoxyde d’azote, le méthane (CH4) est directement lié à l’activité agricole. Ses principales sources d’émission sont les fumiers, mais aussi, et surtout, le système digestif des ruminants. Le développement de l’élevage intensif de bétail, nourri avec des aliments de synthèse, qui sont plus difficiles à assimiler qu’un fourrage naturel de qualité (herbe des prairies ou foin) et qui entraînent, donc, une perturbation du processus de fermentation entérique, est à l’origine de l’augmentation des émissions de méthane dans l’atmosphère.

 

Elevage intensif américain 2

 

Comme l’expliquent les experts que j’ai interviewés dans mon film et livre Les moissons du futur , les techniques agroécologiques permettent d’inverser radicalement la tendance, en refaisant de l’agriculture ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une activité captatrice de carbone, avec un bilan de N2O et de CH4 neutre".

 

SOURCE : CDDURABLE.INFO

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powered files 24/04/2014 11:33

Nicely written! I’m really impressed. I would like to include some more interesting facts too. Agricultural activities, waste management, and energy use all kinds of fluorinated gases. Greenhouse gas emissions from agriculture mostly come from agricultural soils, livestock, rice production etc.