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L'Uniterrsaliste Andromede60

Enquête sur l'obsolescence programmée de nos appareils domestiques

26 Septembre 2012 , Rédigé par Andromede Publié dans #Economie Actuelle

 

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Avec Bon pour la casse, les déraisons de l’obsolescence programmée, Serge Latouche signe le premier livre en France sur un phénomène stupéfiant et peu connu, devenu quasi consubstantiel de l’économie capitaliste, l’obsolescence programmée. Un processus qui, pour stimuler la consommation et nous en rendre addict, fut conçu et mise en œuvre au milieu du XIXème siècle aux Etats-Unis.

 

Une obsolescence programmée

Des 3 formes principales de l’obsolescence programmée -le recours aux techniques pour rendre un produit très vite suranné à la publicité qui nous convainc d’acquérir des produits dont nous n’avons nul besoin-, le plus symptomatique et le plus pervers est le fait d’introduire dans les objets une pièce défectueuse pour en limiter la durée de vie.

Ainsi des ampoules (qui avaient été conçues pour une durée d’utilisation quasi illimitée), des automobiles, des appareils ménagers et aujourd’hui des ordinateurs ou des imprimantes. La plupart des biens que nous achetons sont sciemment viciés de telle sorte que nous soyons contraints, pour faire marcher la machine économique, de les renouveler.

C’est cette histoire, face noire de l’économie capitaliste que nous raconte Serge Latouche, remontant au XIXème siècle et illustrant son propos de nombreux exemples plus éloquents les uns que les autres.

Mais l’auteur tire également la sonnette d’alarme : pouvons-nous accepter de vivre ainsi dans une société aux ressources limitées, qui multiplie à l’envie et par nature le gaspillage, les déchets et engendre de facto de très grands dégâts environnementaux ? C’est la critique des associations écologistes, qui jugent que le processus de remplacement des produits n’a plus rien de "naturel" dans certaines entreprises. La critique récente formulée par les Amis de la Terre à l’encontre de l’iPhone 5 n’est ainsi pas passée inaperçue. Benoît Hamon, Le ministre délégué à l’économie sociale et solidaire et à la consommation, interrogé par le magazine 60 Millions de consommateurs estime : "L’obsolescence des appareils est quasiment pensée au départ par les opérateurs pour favoriser le renouvellement. Or, acheter un appareil qui est destiné à être totalement démodé un an plus tard pose d’autant plus question lorsque le constructeur a lui-même organisé cette obsolescence. Cela constitue un sujet de travail et de préoccupation", explique-t-il.

Que compte faire le ministre dont l’intitulé du ministère est on ne peut plus clair ? Pour l’instant, pas grand chose. Benoît Hamon veut pour l’instant consulter le Conseil national de la consommation et déterminer les moyens pour "lutter contre cette obsolescence programmée dans le domaine du numérique". Une lutte qui passera par une mise en garde. De qui ? Des consommateurs ? Des firmes ? Il ne le précise pas. Reste à savoir comment Benoît Hamon va pouvoir mettre le holà à la stratégie commerciale des Apple, Samsung et autres fabricants de téléphones mobiles ... En attendant, Serge Latouche cite Gandhi : « Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité. »

 

Bidonville

 

 

Prêt à jeter, une enquête à voir ou revoir

Un produit usé = un produit vendu !

 

Tourné aux quatre coins du monde, ce film enquête sur l’obsolescence programmée, concept vieux comme l’industrie mais toujours vivace. Une démonstration aussi implacable qu’éclairante.

 

 

Dans les pays occidentaux, on peste contre des produits bas de gamme qu’il faut remplacer sans arrêt. Tandis qu’au Ghana, on s’exaspère de ces déchets informatiques qui arrivent par conteneurs. Ce modèle de croissance aberrant qui pousse à produire et à jeter toujours plus ne date pas d’hier. Dès les années 1920, un concept redoutable a été mis au point : l’obsolescence programmée. "Un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires", lisait-on en 1928 dans une revue spécialisée. Peu à peu, on contraint les ingénieurs à créer des produits qui s’usent plus vite pour accroître la demande des consommateurs.

 

CROISSANCE FOLLE

"À l’époque, le développement durable n’était pas au centre des préoccupations", rappelle Warner Philips, arrière-petit-fils des fondateurs de la marque du même nom. Mais alors que les ressources de la planète s’épuisent, rien n’a changé. "La logique est croître pour croître", note Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’université de Paris 11. Tournée en France, en Allemagne, en Espagne, au Ghana et aux États-Unis, nourrie de nombreuses archives et interviews, avec, pour fil conducteur, le test d’une imprimante récalcitrante, cette démonstration minutieuse débusque les avatars de l’obsolescence programmée et leurs répercussions. Elle esquisse aussi d’autres modèles économiques : de la décroissance, prônée par Serge Latouche, à une industrie qui produirait et recyclerait à l’infini, à l’image de la nature. Une investigation passionnante, qui, l’exaspération une fois passée, amorce la réflexion.

Source : CDDURABLE.INFO

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