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L'Uniterrsaliste Andromede60

Indiens d'Amérique : Tel le phénix ils renaissent...

30 Octobre 2012 , Rédigé par Andromede Publié dans #Histoire & Personnages

 

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Depuis une vingtaine d’années, en fait depuis les célébrations du cinquième centenaire de la « découverte » des Amériques, en 1992, on entend beaucoup parler du « réveil » des Amérindiens. 

L’inconvénient de cette expression est qu’elle suggère, à tort, un long sommeil, ou du moins un assoupissement, alors qu’en réalité l’histoire nous apprend que la résistance des peuples indigènes a pris des formes très variées, permettant de préserver l’essentiel, la vie des communautés et leurs traditions.

Cependant, ce terme de « réveil » avait l’avantage de mettre l’accent sur un fait nouveau : l’essor de la mobilisation, de l’organisation et de la culture des Indiens des Amériques, favorisée paradoxalement par les commémorations de 1992.

Il y a désormais une nouvelle donne démographique, perceptible dans plusieurs pays du continent. Les peuples indigènes croissent plus vite que la population générale des nations de la région.

Cette augmentation s’accompagne d’une présence sociale et culturelle plus forte, d’une attention accrue des sociétés dans lesquelles ils évoluent, et souvent d’un respect inédit pour leur mode de vie et leur pensée. Ce ne sont plus des objets d’étude pour ethnographes ou anthropologues, mais des sujets à part entière, qui n’ont pas besoin de médiations pour faire entendre leurs voix. Certes, les Eglises ou les ONG jouent toujours un rôle important, mais plus grand monde ne s’aviserait de les prendre pour des porte-parole de communautés aphones.

Voilà pourquoi le terme de "renaissance" semble plus pertinent pour cerner la nouveauté du phénomène auquel nous assistons, des confins de l’Arctique à l’extrême-sud de la Terre du feu. Les plaines ou les montagnes d’Amérique du Nord ne se confondent certes pas avec les peuples d’Amazonie, ni avec les communautés andines ou de Patagonie. Mais la convergence de leur renaissance est d’autant plus frappante qu’ils n’échappent eux-mêmes pas à la mondialisation et à l’ère d’Internet. La tradition n’empêche pas leur accès à la modernité. La coutume coexiste avec la téléphonie, la radio, l'audiovisuel et les nouvelles technologies. Dans ce sens aussi, "renaissance" rend mieux compte d’une véritable métamorphose.

 

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Patrick Bard et Marie-Berthe Ferrer ont été sensibles à tous les signes de cette formidable mutation contemporaine et ont voulu communiquer leurs découvertes par les images et les mots. Leur ouvrage Sortir de la longue nuit : Indiens d’Amérique latine (Albin Michel, 208 pages, 35 euros) est une pure merveille. Leurs photos (en noir et blanc ou en couleurs) et leurs textes racontent des histoires, présentent des personnages, décrivent des paysages.

Sans souci d’exhaustivité, ils retracent un parcours exceptionnel, des Etats-Unis à l’Amérique du Sud, preuve que la diversité des coutumes et des situations n’entre pas moins en résonance et fait sens.

Le livre se dévore avec curiosité, d’un trait, puis se laisse savourer avec émotion et émerveillement.

On pourra objecter telle explication ou telle autre appréciation, mais cela n’empêche pas de partager le récit des auteurs et les expériences qu’ils ont eu à cœur de transmettre. C’est un peu dommage qu’on oublie que le premier président indien d’Amérique latine a été le Mexicain Benito Juarez (1806-1872), à la fois Zapotèque, homme des Lumières, grand serviteur de l’Etat.

 

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« Si Juarez n’était pas mort… », regrettait déjà un fameux danzon, comme si le Mexique avait pu connaître un sort différent. Chaque génération de Mexicains a donné à ces paroles de chanson une signification différente, prouvant ainsi que la mémoire de Benito Juarez n’était pas inscrite seulement sur les peintures des grands muralistes.

Enfin, une question tout à fait d'actualité : alors que la Cour interaméricaine des droits de l'homme est critiquée par des gouvernements sud-américains qui se prétendent progressistes, les auteurs de ce beau livre notent l'important soutien de cette instance aux revendications des Kichwas de Sarayaku (Equateur).


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Source : lemonde.fr

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